Suppression de Parcoursup, et après ?  

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Le gouvernement a annoncé le remplacement de Parcoursup à l’horizon 2028, dans le cadre de son plan pour répondre à la mobilisation lycéenne et étudiante. Si cette décision marque un tournant politique, elle ne répond que partiellement aux préoccupations des jeunes, qui dénoncent aussi le manque de places dans l’enseignement supérieur, les difficultés d’orientation et le manque de professeurs.

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Parcoursup vit-il ses derniers jours ? Le 26 octobre, le gouvernement a annoncé que la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur serait remplacée en 2028. Une mesure phare de son plan de sortie de crise, après plus d’un mois de mobilisation lycéenne et étudiante. 

Cette annonce s’inscrit dans une série de réponses aux revendications exprimées par les jeunes. Parmi les autres mesures figurent l’ouverture de 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, la création de postes d’enseignants et le renforcement de l’accompagnement à l’orientation. 

Le gouvernement a également prévu d’aménager Parcoursup dès 2027, notamment en supprimant la mention du lycée d’origine des candidats. Mais en faisant du remplacement de la plateforme l’une des annonces les plus marquantes de son plan, ne risque-t-il pas de faire de cet outil le symbole de difficultés qui le dépassent largement ? 

Parcoursup, symbole d’une promesse déçue 

Le remplacement de Parcoursup semble aller au-delà des demandes exprimées par les lycéens eux-mêmes. Parmi les 100 000 contributions recueillies par le ministère, le sujet n’arrivait qu’en sixième position, loin derrière les revendications portant sur les emplois du temps ou les bâtiments scolaires. Les jeunes demandaient davantage une amélioration de la plateforme que sa disparition. 

Le problème est ailleurs : dans l’engorgement à l’entrée dans l’enseignement supérieur et dans le manque d’accompagnement à l’orientation tout au long du lycée. La contestation autour de Parcoursup traduit une désillusion plus profonde face à la promesse de démocratisation de l’accès aux études supérieures, comme nous le soulignions dans notre article “Les promesses rompues du diplôme”. Si davantage de jeunes accèdent aujourd’hui au baccalauréat, encore faut-il qu’ils puissent trouver une formation adaptée à leurs aspirations et disposer des moyens de réussir. 

Le témoignage d’Éloïse, élève de terminale au lycée privé Bossuet Notre-Dame, que nous avons rencontrée dans le cadre de notre podcast Jeunes&Brillants illustre ces interrogations. Son établissement a participé aux mobilisations, notamment en soutien aux lycées moins favorisés. Pourtant, la lycéenne ne comprend pas vraiment pourquoi il faudrait remplacer Parcoursup. Elle craint que cette décision ne remette les élèves à zéro, alors qu’ils ont déjà dû apprendre à se repérer dans un système complexe, sans garantie que le prochain dispositif réponde mieux à leurs besoins. 

À ses yeux, les difficultés sont plus concrètes : il n’y a pas assez de places dans l’enseignement supérieur et les professeurs manquent. Des problèmes qui pèsent sur les parcours scolaires et les perspectives d’avenir des jeunes, bien au-delà de la plateforme. 

Éloïse s’interroge également sur la place que pourrait prendre l’intelligence artificielle dans le futur dispositif et sur la protection des données personnelles des candidats. Une inquiétude qui pose une question essentielle : comment réformer l’accès aux études supérieures sans perdre de vue la transparence des procédures et la confiance des élèves ? 

Au-delà de la plateforme, des besoins bien réels 

Le remplacement de Parcoursup ne suffira donc pas, à lui seul, à répondre aux difficultés rencontrées par les lycéens. L’ouverture de places supplémentaires dans l’enseignement supérieur constitue une première réponse, mais elle devra s’inscrire dans une politique durable pour permettre aux jeunes de  faire des choix correspondant à leurs aspirations. 

L’accompagnement à l’orientation est un autre enjeu majeur. Le renforcement du travail avec l’Onisep constitue une piste intéressante, mais il ne pourra porter ses fruits sans un accompagnement humain renforcé tout au long du lycée. Or, selon un rapport du Sénat publié en 2022, 85 % des professeurs principaux et 65 % des proviseurs n’avaient reçu aucune formation spécifique pour exercer leur mission d’orientation. Un constat qui souligne la nécessité de donner aux équipes éducatives le temps et les moyens nécessaires pour accompagner les jeunes dans leurs choix. 

Ces difficultés ne commencent d’ailleurs pas en terminale. Le collège et l’école primaire, moins bien dotés que le lycée, doivent eux aussi bénéficier d’un engagement durable. Les inégalités de parcours se construisent bien avant la formulation des vœux sur Parcoursup. 

Une réponse à la crise, mais quelle vision à long terme ? 

Le gouvernement a fait preuve d’une écoute indéniable en répondant rapidement à plusieurs revendications des jeunes. Mais ces annonces interviennent dans un contexte politique et budgétaire contraint, et leur mise en œuvre reste à concrétiser. 

Le choix de fixer à 2028 le remplacement de Parcoursup pose également la question de la continuité de l’action publique. L’éducation a besoin de stabilité et d’un engagement pluriannuel, au-delà des réponses apportées dans l’urgence. 

Car derrière la contestation de Parcoursup se dessine une question plus large : quelle place la société veut-elle donner à sa jeunesse ? Les jeunes demandent des perspectives, des enseignants disponibles, des places dans les formations qu’ils souhaitent rejoindre et un accompagnement leur permettant de construire leur avenir. 

Réformer Parcoursup n’est qu’un volet des réponses attendues par les jeunes. Le gouvernement a également annoncé 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, des financements pour rénover les lycées et les campus, ainsi qu’un plafonnement des classes de seconde à 28 élèves. Il entend aussi renforcer la représentation des lycéens dans les instances de décision. Autant de mesures qui répondent à certaines revendications, mais dont la portée dépendra des moyens effectivement mobilisés et de leur mise en œuvre. 

Au-delà des annonces, les jeunes attendent des changements concrets dans leur quotidien : des classes moins chargées, des enseignants disponibles, davantage de places dans les formations et un accompagnement qui leur permette de construire leur avenir. L’enjeu n’est donc pas seulement de remplacer Parcoursup, mais de répondre durablement aux difficultés qui ont conduit les jeunes à se mobiliser. 

Marion Denis

Cheffe de projet

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