Un quart des jeunes parents estiment qu’ils ont un conflit de valeurs avec l’école. Ce chiffre, témoigne d’une préoccupation grandissante face à l’école et son application du principe de laïcité. Une contradiction ? Peut-être pas tant que ça. Car ce qui semble se jouer, ce n’est pas tant un rejet de la laïcité en soi, mais une friction entre des valeurs personnelles et un cadre scolaire perçu comme rigide ou insuffisamment à l’écoute des attentes des familles.
D’un côté, il y a ceux qui se sentent trahis par une école qui briderait la liberté d’expression, interdirait des signes religieux, gommerait les identités au nom d’une neutralité qu’ils jugent excessive. De l’autre, il y a ces familles en quête d’un cadre plus structurant, qui regrettent une école publique trop frileuse face aux revendications identitaires et qui préfèrent inscrire leurs enfants dans des établissements privés catholiques… parfois sans être croyants eux-mêmes. Loin d’un rejet massif, ces postures révèlent une tension entre l’aspiration à un projet éducatif qui fait sens pour l’enfant et l’attachement à une laïcité qui devrait garantir l’égalité et le vivre-ensemble.
Et les jeunes dans tout ça ? Ils se retrouvent coincés entre des règles imposées et un monde où l’affirmation de soi est essentielle. Pour eux, la laïcité ressemble parfois plus à une contrainte qu’à une vraie liberté. Dans une société où les identités sont multiples et où chacun cherche à s’exprimer, l’école peine à leur offrir un vrai espace de dialogue. Ils sont les premiers à se poser des questions sur cette neutralité, qu’ils trouvent parfois injuste ou trop rigide. Si l’école veut vraiment jouer son rôle, elle doit leur montrer que la laïcité n’est pas un frein, mais un outil d’émancipation et d’unité.
Assumer son identité car c’est une force et se faire confiance c’est la clé !
Dans notre prochaine newsletter, Aminata, éducatrice spécialisée, raconte les tensions entre l’école et les parents dans Jeunes&Brillants. On explore aussi comment les enseignants s’emparent de la laïcité, avec des outils comme l’Arbre à Défis.
Marion Denis
Je trouve cet article très intéressant, car très peu de citoyens parle de ce sujet.
Pour moi ce qui fait vivre le vivre ensemble et l’égalité des chances de chaque jeunes est bien la laïcité et non la mixité sociale. C’est dur d’affronter ce problème de laïcité. J’ai 72 ans j’ai vécu dans la misère caché avec un handicap qui n’a pas été pris en compte pendant mon enfance et du coup ce fut l’échec totale de ma scolarité. J’ai vécu dans un quartier que les chiffonniers d’Emmaüs ont construit dans les années 1950 et il y avait ce respect de la laïcité et nous pouvions vivre ensemble.
Dommage qu’aujourd’hui cela a disparu.
Lucienne Soulier